• Lionel Croes

Presse: Lionel Croes adopté par une famille sénégalaise

De SARAH COURCELLE: Originaire de Stambruges, Lionel Croes vit depuis 12 ans au Sénégal. Il y a été adopté par une famille dans le village de pêcheurs de Toubab Dialaw. Son « papa » comme il l’appelle en est l’imam. Le jeune homme tourne actuellement son premier film sur les enfants mendiants des rues.


Article du 12 septembre 2018 de Nord-Eclair


« J’habite le Sénégal depuis 12 ans. J’ai fait mes études en sociologie à Dakar et je réside dans un village de pêcheurs dont mon papa d’adoption est l’imam », c’est en ces termes que Lionel Croes, jeune Belge de 31 ans, originaire de Stambruges, se décrit. Il est tombé sous le charme de ce pays d’Afrique de l’Ouest après y avoir passé des vacances. « J’ai décidé d’y retourner pour faire mes études, pendant un an... et j’ai rencontré Daouda, un garçon qui est devenu mon petit frère. Il m’a présenté au reste de sa famille qui est devenue la mienne. Je ne suis plus reparti.»


LES ENFANTS DES RUES Lionel Croes a même décidé d’entreprendre des démarches pour obtenir la nationalité sénégalaise. « Cela fait 12 ans que j’y réside. Je voudrais être Sénégalo-belge officiellement », assure celui qui revient environ trois fois par an en Belgique, dans son village de Stambruges. Son premier film, en cours de tournage, est d’ailleurs pétri de cette double culture... malgré un thème très sérieux et qui le touche particulièrement. « J’ai voulu parler des enfants mendiants des rues pour le compte de mauvais marabouts », décrit le jeune homme. « C’est un véritable problème au Sénégal. Des enfants qui sont envoyés pour être éduqués dans une école coranique. Et à côté des bons marabouts, il y a les mauvais qui utilisent ces enfants pour s’enrichir, sans leur offrir la moindre éducation ». C’est ce dont traite le premier long-métrage, à la fois documentaire et transformé en fiction du Stambrugeois. « Il s’intitule Sama Rak qui signifie petit frère en wolof », précise Lionel. « Et raconte l’histoire de David, un Belge qui arrive au Sénégal, et qui change de corps, après l’intervention d’un sorcier, pour intégrer celui d’un enfant mendiant. Ce sujet reste tabou au Sénégal, l’aborder avec humour me paraissait dès lors la meilleure façon d’en parler » . Dans le film, l’enfant joue des tours au marabout... c’est pour le côté drôle. Mais dans la réalité, Lionel espère bien contribuer à financer des centres d’accueil pour ces enfants en réelle détresse. C’est la raison pour laquelle il tenait à imaginer ce film, la raison aussi pour laquelle il a fait appel au financement participatif. « Les gens, notamment de Stambruges, nous ont beaucoup soutenus. On a obtenu 116 % de la somme qu’on espérait. Cela permettra de faire face aux imprévus.

Lionel, heureux au Sénégal


Si Lionel Croes a choisi de construire sa vie au Sénégal, c’est d’abord pour sa famille d’adoption: « Sans eux, je ne serais sans doute jamais resté si longtemps », admet-il. Il apprécie ensuite surtout le mode de vie du Sénégal en général et de son village en particulier: « On vit sans stress, dès que j’arrive à l’aéroport en Belgique, je sens la différence. Là-bas, les portes restent ouvertes. Les gens sont simples et ont le sens de l’accueil. Quand je passe d’un pays à l’autre, j’ai vraiment l’impression de changer de planète ».

  • 50.000 euros : c’est la somme qui avait été budgétisée au départ pour réaliser le film de Lionel Croes, Sama Rak.

  • 3 ans : c’est le temps qui aura été nécessaire au Stambrugeois pour réaliser son projet de film sur les enfants mendiants des rues.

  • 80% du film est déjà réalisé. Avec les 5.000 euros récoltés grâce au financement participatif (la cagnotte a dépassé les 4.300€ demandés), Lionel va pouvoir l’achever.

  • 1 livre: une maison d’édition s’est montrée intéressée par le sujet qui deviendra aussi un livre dont l’écriture est en cours.

Un reportage sur sa vie a été réalisé par notélé en 2017: (Voir le reportage)



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